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par Eudémonix

Si j'avais à me résumer en quelques qualificatifs, je suis humaniste, athée, communicateur, authentique, épicurien, intimiste, articulé, anticonformiste et polémiste.

Je suis toujours partant pour creuser toute sorte de sujets d'intérêt, que ce soit des enjeux sociaux ou des thématiques titillant ma curiosité. Tout ce qui touche l'être humain et son bonheur m'intéresse. Mes thèmes de prédilections sont la société, la philosophie, la politique, la science, la technologie, les arts, la santé, la communication humaine et la sexualité. J'affectionne beaucoup les citations et je m'en sers parfois pour résumer ma pensée.

Contrairement à certains qui, socialement préfèrent demeurer consensuels et convenus, moi j'aime beaucoup les débats d'idées car, comme le disait Nicolas Boileau : "C'est au choc des idées que jaillit la lumière."

Professionnellement, j'ai oeuvré 14 ans comme animateur d'événements de toutes sortes. J'ai prêté ma voix pour des commerciaux et des films corporatifs. J'ai brièvement touché au domaine de la radio et j'ai démarré ma petite entreprise en service informatique au milieu des années 90. Depuis quelques mois, je suis dans une période plus tranquille de ma vie. Je prends une période sabbatique durant laquelle je m'intéresse beaucoup à tout ce qui se passe au Québec et je participe à différents débats d'intérêt sur différentes tribunes.

Étant un éternel curieux et passionné pour l'écriture, j'ai toujours soif de faire grandir ma culture générale. Je me propose ici de partager avec vous quelques réflexions sur différents sujets, parfois sur l'actualité et parfois sur des sujets qui passent sous le radar médiatique, loin des projecteurs, mais toujours d'intérêt public.

Comme vous le constaterez assez vite, mes prises de position sont souvent à contre-courant des idées reçues et de ce qui est politiquement correct. J'ai tendance à adopter un style un peu provocateur ou caricatural pour frapper l'imaginaire. Je ne suis pas dogmatique. J'ai toujours préféré les vérités dérangeantes aux mensonges confortables. Je déteste la langue de bois, les euphémismes et le mensonge, surtout les mensonges par omission. Aussi, attendez-vous de moi des réflexions et propos qui dérangent, dans le bon sens je l'espère! ;o)

Sachez que vos commentaires et suggestions seront toujours les bienvenues. Je crois profondément en la démocratie et aux valeurs qui la sous-tendent. Cela inclut la liberté d'expression. Évidemment, celle liberté s'accompagne d'une responsabilité importante : demeurer ouvert, intègre, honnête et respecter l'intelligence des lecteurs. Je ne fais pas dans la diffamation. Par contre, je ne me gêne pas pour poser un regard cru et sans complaisance sur les sujets abordés et les personnes concernées.

Enfin, l'humour et l'ironie sont souvent une excellente manière de passer un message et je ne m'en prive pas.
 
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Avant d'entrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser certaines choses. D'abord, ce texte se veut un cri du coeur, un besoin d'exprimer une préoccupation majeure chez moi, mais aussi chez de plus en plus de gens. Il ne s'agit donc pas de faire la morale à qui que ce soit, mais de provoquer la réflexion, le dialogue et l'auto questionnement. Mon style d'écriture est souvent percutant et un brin provocateur. J'ai l'âme d'un pamphlétaire.
Remarquez, je ne prétends détenir aucune vérité. Je me contente de livrer des faits historiques auxquels j'ai longuement réfléchi et je vous partage les conclusions qui sont les miennes. Si ce texte suscite des commentaires, des questions ou des débats, j'en serai ravi, car, après tout, à quoi servirait un forum comme le Domaine Bleu si tout le monde pensait exactement pareil? Merci à l'avance d'avoir pris le temps de me lire.

Eudémonix

- - -

S'il existe un débat récurrent au Québec, un débat qui soulève les passions c'est bien celui de la vitalité, de la qualité et de la survivance de la langue française.
En fait, ce débat existe depuis l'époque de la conquête par les Anglais et il constitue depuis la colonisation, un enjeu politique de premier plan. Contrairement à ce que certains pourraient penser, une langue est bien plus qu'un simple protocole d'échange d'information. C'est un système de valeur et une manière unique de poser les yeux sur le monde, sur la vie et sur l'être humain.

Faisons un peu d'histoire si vous me le permettez:
La langue française s'est installée en Amérique au tout début du 17e siècle. À cette époque, il n'y avait pas encore de langue officielle clairement définie en France. En effet, au début du 10e siècle, l'hexagone était habité par beaucoup de communautés et cultures différentes qui parlaient toutes différents dialectes indo-européens comme le latin, l'oïl, le françois, le picard, l'artois, le wallon, le normand, l'anglo-normand, l'orléanais, le champenois, le breton, le francique, l'italien, l'espagnol, l'occitan, le bourguignon, le poitevin, le provençal, le gascon, le limousin, le Vexin normand... et plusieurs autres.

Imaginez le casse-tête des dirigeants de l'époque lorsque venait le temps de communiquer avec les différents peuples du pays. Tenter d'obtenir une cohésion sociale était tout simplement impensable.

C'est donc à l'époque de Louis XIV que s'amorça une volonté affirmée et organisée du roi de France pour imposer une langue commune à tous les Français. La langue de Paris soit le "françois" ou "francien" qui fut le choix du roi, car c'était la langue de la cour du roi à Paris. Cette tâche colossale ne s'acheva que sous le règne de Louis XV.

Au début du XVIIe siècle, soit l'époque de la colonisation de l'Amérique, la langue qu'on parlait au Québec "sonnait" exactement comme celle parlée à la cour du roi de France de l'époque. Tous les peuples de France étaient unilingues dans leur dialecte respectif. Une véritable tour de Babel. Mais le Québec, lui, avait réglé le problème et nous parlions tous le françois ou français. Cela veut dire que sur tout le territoire de la Nouvelle-France, territoire qui couvrait à l'époque tout le nord-est du continent d'Amérique, on avait adopté le français comme langue officielle AVANT que ne le fasse la France qui mit un peu plus de temps à imposer la langue de Paris à tous les habitants du pays.

Comme l'explique bien ce chercheur (lien ci-dessous), les voyageurs de l'époque venus en Amérique depuis le vieux continent rapportaient une fois de retour chez eux à quel point le français d'ici était le même que celui parlé à la cour du roi. L'accent de Paris était donc aussi le nôtre.



Puis, quelque part au milieu du 18e siècle, le roi de France Louis XV abandonnait lâchement le Québec aux mains des Anglais et acheva de compléter l'adoption du françois (ou francien ou français) comme langue officielle. Il réussit à imposer une toute nouvelle prononciation de la langue, une articulation et une prononciation plus "soutenue", celle des hommes de loi et les prédicateurs de l'époque. Les vieux dialectes disparurent presque complètement pour donner toute la place au français et au nouvel accent parisien, plus pointu, plus articulé.

En 50 ans, le peuple français avait complètement intégré la nouvelle sonorité française. Cela se passait à peu près au même moment que le Québec était coupé du monde, isolé par les Anglais, une période noire (plaines d'Abraham, révolte des patriotes, disparition des gens lettrés).
Cela explique pourquoi les Québécois n'ont pu ajuster leur "parlure" à celle de la mère patrie qui était en pleine transformation à ce chapitre.

C'est donc au sein d'un Québec assiégé, dominé par l'envahisseur anglo-saxon et décapité de ses élites intellectuelles que les Québécois tentaient de survivre culturellement et linguistiquement. Une assimilation partielle eut lieu. Le peuple n'avait pas le choix d'intégrer des mots et expressions anglaises s'il voulait travailler, puisque ce sont les Anglais qui contrôlaient désormais tous nos leviers économiques. Ainsi, notre peuple qui avait impeccablement parlé le français de la cour du roi d'avant la réforme, avec le temps, perdit peu à peu la maîtrise de sa propre langue. À défaut d'écoles et de gens lettrés, notre français se désagrégeait.

En plus de la langue, il y avait toute la culture générale qui se perdait parce que l'Église catholique avait empiré notre inculture en nous empêchant de fréquenter les écoles anglaises, car elles étaient protestantes. Nous avions donc un quart de siècle de retard sur les Anglais en matière d'éducation lorsque notre population commença enfin à fréquenter l'école. Durant cette période de flottement, ce sont surtout les femmes qui permirent que survive la francophonie au Québec.

Malgré l'ingéniosité des femmes et tous les efforts fournis, faute d'une école digne de ce nom, le peuple s'appauvrissait linguistiquement. Un simple mot comme "cheval", qui était pourtant une réalité quotidienne vitale pour les Québécois à cette époque, a fini par être prononcé chval, ch'oual, joual. Le terme a même fini par devenir le symbole de notre argot vieillot et hermétique.

À défaut de lettrés dignes de ce nom, les femmes adaptèrent notre langue aux réalités d'ici, et ce, jusqu'à ce que le Québec ne puisse renouer avec le vieux continent. Et c'est à ce moment-là que nous découvrions l'existence du décalage linguistique entre nous et la France. C'est là que le complexe des Québécois appauvris culturellement face à l'érudition des Français de l'époque émergea.

Il existe un mythe qu'il me faut ici déboulonner : celui de la prétendue langue québécoise. Disons-le franchement, la langue québécoise n'existe pas et n'a jamais existé. La langue que les Québécois parlent depuis plus de 400 ans est le français. D'ailleurs, la loi 101 défend le français et non le québécois qui n'existe nulle part. La constitution du Canada parle de deux langues officielles soit l'anglais et le... français.

Notre dictionnaire de référence est le Robert et le Larousse, des dictionnaires français. Notre grammaire (La Grévisse) est belge, mais aussi d'usage français, notre Beschrelle (conjugueur) est français, idem pour les règles de ponctuation. Bref, aucune trace d'une langue québécoise dans tout cela.

Ce que certains Québécois veulent dire lorsqu'ils parlent de la langue québécoise, ils veulent parler en fait de ce qui nous distingue des francophones du vieux continent : notre argot c'est-à-dire un vocabulaire, des expressions, des références, des régionalismes et des accents bien d'ici. Il est vrai que notre argot est spécifique au Québec, mais ce n'est pas une nouvelle langue pour autant. Les Français aussi ont leur argot spécifique à leur région et personne n'ira prétendre pour autant qu'ils parlent une autre langue que le français!

Comme tous les peuples du monde (donc aussi ceux de langue française), nous, Québécois, avons notre argot. Les Français ont également leur argot c'est-à-dire, la "parlure" non conventionnelle de leur coin de pays qu'eux seuls comprennent tels le verlan, leurs expressions imagées, leurs références, leurs accents, etc.

La différence majeure entre la majorité des Français et la majorité des Québécois réside dans le fait que, contrairement au Français moyen qui a un vocabulaire de quelques milliers de mots pour communiquer, le Québécois moyen, lui, n'en possède que quelques centaines. L'histoire de colonisé du Québec, sa réalité d'assiégé et de peuple coupé du monde pendant une longue période a fait en sorte que, encore de nos jours, beaucoup de Québécois sont incultes et/ou analphabètes, car traînant encore avec eux les lacunes du passé qui ont laissé des traces.

Cela existe aussi en France remarquez, mais à un degré moindre. Il faut dire que le peuple français valorise beaucoup plus qu'ici la culture, les connaissances et les aptitudes de communication.

La langue française comporte 4 niveaux de langue : les niveaux littéraire, soutenu, familier et populaire. Chaque niveau de langue a son utilité selon le contexte.

Le niveau littéraire est riche, imagé, symbolique et évocateur. Il sert à décrire les idées, les sentiments et le ressenti avec beaucoup d'intuition, de créativité et de passion. C'est le niveau de langue parfait pour la poésie, la chanson et la littérature.

Le niveau de langue soutenu ou "correct" est parfait pour communiquer des idées avec un maximum d'efficacité, de clarté, de nuance et de précision. Il est le niveau universel des francophones, car neutre, c'est-à-dire dépouillé d'argot et d'approximation. Il évacue l'argot hermétique et les expressions trop imagées pour se concentrer sur le contenu brut. Ce niveau de langue est normalement compris par tous les francophones du monde. Il est articulé, recherché et clair. Il sert à parler à la télévision par exemple. C'est le niveau de langue protocolaire, officiel, celui de la science, des médias et des débats de société.

Le niveau familier est le niveau de langue fonctionnel pour le quotidien. Il est plus approximatif et affectif que le niveau de langue soutenu, mais il est aussi plus court, moins lourd et plus direct. C'est le niveau parlé à la maison, en famille ou avec des amis.

Enfin, il y a le niveau "dit" populaire. C'est le niveau de langue parlé dans la rue, dans les prisons et chez les populations peu ou pas scolarisé.

Au tournant des années 1960, une véritable révolution culturelle déferle telle une vague sur tout l'occident. Aux États-Unis naît la culture "Peace and Love", en France a lieu la révolution de mai 68. Le Québec n'échappe pas à ce ras de marée de changement culturel et la Révolution Tranquille prend corps. Le peuple québécois s'affirme et se libère partiellement de différents carcans institutionnels telles la religion et la domination économique des Anglais.

En quête de leur identité, les Québécois se rebiffèrent devant les pouvoirs en place et éprouvèrent le besoin d'affirmer leur différence avec la France. Et ce faisant, beaucoup d'entre nous s'imaginèrent naïvement qu'en se limitant à l'argot issu de nos ancêtres incultes, ils adoptaient une langue distincte. C'était aussi faux que naïf...

Ce n'est pas parce qu'on se limite à un seul des 4 niveaux de langue, l'argot historique de nos ancêtres illettrés, qu'on a une nouvelle langue. Parler joual c'est parler un argot d'ici en français, mais massacré grammaticalement dans un vocabulaire inadéquat et extrêmement limité, le tout dans un accent mal articulé témoignant d'une stagnation linguistique propre au contexte historique de la conquête. Nos ancêtres étaient illettrés. Ils n'ont donc pas pu créer une nouvelle langue.

Je suis québécois "dit" de souche. Je suis né à Montréal sur le Plateau Mont-Royal de 1963. À l'époque, c'était un quartier d'ouvriers assez pauvres, peu ou pas scolarisés. J'ai donc appris mon français à l'école publique normale de mon quartier, l'école St-François Xavier située sur la rue Des Érables au coin de la rue Rachel.

Mon cursus académique est très banal. Mais il se trouve que j'aime ma langue française. Aussi, j'aime la communication riche, nuancée, précise et éclairante. Et mes lectures m'ont appris l'importance et la richesse des 4 niveaux de langue en français. Chacun d'eux a son utilité.

On ne peut pas utiliser un seul niveau de langue pour vivre de manière fonctionnelle en société, tout comme un marteau ne peut pas repeindre un mur, déboucher des tuyaux ou scier du bois. Un marteau enfonce des clous, point. À chaque contexte existe un outil approprié. S'il est ridicule et inadéquat d'utiliser le niveau de langue littéraire pour demander des informations sur le chemin à prendre dans une station service, ça l'est tout autant de parler "joual" par écrit, durant un débat d'idées ou dans une discussion à caractère philosophique ou scientifique par exemple. Ça ne convient pas.

C'est pour cela que j'affirme que le coffre à outils linguistique des Québécois qui ne parlent que le joual est incapable de répondre à tous leurs besoins de communication. C'est beaucoup trop limité. La capacité de s'exprimer dans les nuances et sur des sujets plus abstraits que le simple train-train quotidien nécessite un niveau de langue soutenu, un vocabulaire riche et un accent intelligible pour tous.

Malheureusement au Québec, beaucoup de Québécois ne maîtrisent même pas le niveau de langue soutenu. Ils sont donc incapables d'écouter les informations télévisées et comprendre dans les nuances, ce qui leur est expliqué. En 2012, c'est non seulement dommage, mais c'est aussi dramatique.

Aussi, il y a un réel besoin de rattrapage collectif à réaliser au Québec sur le plan linguistique.

Soyons donc fiers de parler français, aimons nos quatre niveaux de langue, pas seulement l'argot d'ici qui se retrouve aux niveaux familier et populaire. Redécouvrons la passion des mots par les livres. Valorisons le français au lieu de le massacrer à coup d'argot limité. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Michel Tremblay, père du joual littéraire au Québec :

"À l'époque où l'église contrôlait tout et où les études étaient limitées, voire inexistantes, nos ancêtres ont eu le courage de faire survivre notre langue française. Les femmes furent les portes-étendards de cette survivance linguistique. Avec les moyens du bord, elles ont fait preuve de courage, d'ingéniosité, de créativité et de ténacité. Elles ont inventé un argot à nous dans cette langue française de survivance. C'était normal à cette époque de parler joual puisque l'éducation était inaccessible et il nous fallait nous comprendre lorsque nous devions décrire le monde dans lequel nous vivions.
Mais, à notre époque, où les études et la connaissance sont accessibles à tous, il n'y a plus de raison ni d'excuse de continuer à se limiter au joual. C'est de la paresse intellectuelle d'une navrante médiocrité" [Michel Tremblay à Paul Arcand au 98.5 FM]

Qu'on se comprenne bien. Je n'ai rien contre l'usage de l'argot québécois (ou joual) dans certaines circonstances. Je l'utilise tous les jours. C'est son usage exclusif que je dénonce. C'est l'ignorance crasse du niveau dit "correct" que je dénonce.

J'aimerais ajouter une dimension politique fort à propos en ces temps de menace d'assimilation linguistique dans le contexte démographique qui est le nôtre.

1) Avec raison, on fait grand état du taux d'assimilation culturelle des Québécois à l'anglais par la musique, la radio, la télé, le cinéma, la littérature et l'internet.

2) On sait que les francophones sont désormais minoritaires sur l'île de Montréal qui est le coeur économico-culturel du Québec.

3) On sait aussi que les immigrants font nettement plus d'enfants que les Québécois francophones de souche.

4) Beaucoup d'immigrants préfèrent adopter l'anglais comme langue d'usage au Québec en négligeant l'apprentissage du français.

La réalité démographique est alarmante. Les libéraux sont d'ailleurs très heureux de cet état de fait, car cela leur donne de plus en plus de votes assurés, d'élection en élection. Nous le savons tous. Mais comment osons-nous espérer donner envie aux immigrants d'adopter le français comme langue de vie si nous-mêmes, peuple d'accueil majoritaire, ne sommes pas foutus de communiquer dans un français de qualité? Une langue fière, digne, belle et articulée?

Regardez comment les Québécois s'expriment oralement ou par écrit sur internet. La grande majorité des francophones européens ou africains maîtrise bien mieux la langue de Molière que la majorité d'entre nous. Pouvons-nous reprocher aux nouveaux arrivants de ne pas vouloir adopter un dialecte abâtardi du français comme celui parlé par beaucoup de Québécois incapables de parler autre chose que leur argot? Se complaire dans une médiocrité linguistique, ça ne donne envie à personne de les imiter. Un peuple à moitié analphabète qui se fâche dès que l'on tente de le cultiver grammaticalement, ce n'est pas normal. Un peuple qui n'a ni la rigueur ni l'envie de faire l'amour avec les mots, d'aimer cette langue et qui se complaît dans son argot limité, ce n'est pas normal.

La solution? Elle est d'abord en chacun de nous. Avez-vous lu un bon livre cette semaine? Avez-vous des livres à la maison? Des livres en français? Des livres d'ici et d'ailleurs? Donnez-vous l'exemple sur ce plan à vos enfants? Initiez-vous vos enfants à la lecture? Leur lisez-vous des histoires avant de vous coucher? Leur communiquez-vous la passion des mots et des livres dès leur jeune âge?

Encouragez-vous l'amélioration du français parlé et écrit entre vous ou faites-vous plutôt une montée de lait de susceptibilité dès que l'on vous souligne gentiment une faute de français dans votre façon de parler ou d'écrire?

Avez-vous déjà téléphoné à la commission scolaire de vos enfants, écrit à votre député ou manifesté dans les médias pour dénoncer l'absence de formation à la grammaire dans les "cours de français" de vos enfants?

Et avez-vous fait de même devant le semblant de cours d'histoire enseigné dans les écoles du Québec? Avez-vous exigé des cours passionnants axés sur la connaissance d'où nous venons vraiment bien plus que d'apprendre une série de dates par coeur?

Bref, êtes-vous un citoyen engagé et responsable dans cette cause pour la survie de votre identité de Québécois ou êtes-vous de ceux qui s'en fichent éperdument? Lorsque je dis "vous", je m'inclus là dedans.


Si nous ne faisons pas partie de la solution, nous faisons partie du problème. Et la solution est d'abord en vous, en nous tous. Si nous ne faisons rien, pourquoi le gouvernement ferait-il quelque chose?





 [ 4 réponses ] 
Commentaires
Publié: Lun Fév 13, 2012 10:39 am
À part les fautes d'orthographe et quelques-unes de syntaxe, c'est un très beau texte Eudémonix. Je trouve aussi navrant le langage vernaculaire des adeptes de SMS, ce n'est rien pour améliorer la qualité de notre langue.


Publié: Lun Fév 13, 2012 5:36 pm
Lorenzara: Parce qu'il nous arrive d'en échapper, lorsque vous voyez des fautes, il suffit de nous l'écrire par message privé et nous allons les corriger avec plaisir. Merci :)


Publié: Lun Fév 13, 2012 11:33 pm
Moi je suis du vieux continent... et aussi nos filles ont droit à des histoires tous les soirs, et quand elles en ont envie. Ma grande lit des mots simples depuis 3 mois... et elle a hâte de pouvoir lire toute seule des livres. Nous on aime la lecture, même si on n'a pas de livres à la maison, on se fournit à la bibliothèque.
Pour la grammaire, ben moi je vais investir dans des besherels pour l'apprendre aux filles. J'adorais ça moi à l'école. L'histoire ben pareil, va falloir que ça vienne de nous les parents. Si l'école québécoise apporte pas à mes filles ce que je trouve important, j'irai le chercher ailleurs. J'envisage de peut-être leur faire suivre le cursus français via le CNED... on verra.

J'ai trouvé ça super intéressant comme topo.


Publié: Dim Fév 19, 2012 1:00 pm
Très intéressant ! Merci :)


 [ 4 réponses ] 



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