L'intimidation pousse une adolescente au suicide!

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Anya
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Message par Anya »

CAFINITLA.CA
Stéphane Bellavance lance une chaîne web contre l’intimidation

Marie-Josée Roy
03-12-2011 | 19h27

Image
Stéphane Bellavance et son fils Matis

MONTRÉAL – Stéphane Bellavance a choisi de s’impliquer à sa façon pour lutter contre l’intimidation en milieu scolaire, en lançant une chaîne web, cafinitla.ca.
http://www.youtube.com/user/cafinitla" onclick="window.open(this.href);return false;

Bouleversé par le suicide de la jeune Marjorie Raymond, survenu la semaine dernière à Sainte-Anne-des-Monts, en Gaspésie, l’animateur a créé son portail il y a quelques jours.

«Les gens peuvent aller voir ça, a expliqué celui qui tient la barre de Génial, à Télé-Québec. On y trouve plein de vidéos d’artistes qui transmettent leur message pour contrer l’intimidation. C’est une espèce d’immense pétition web numérique, le but étant de briser le silence et de créer la plus grosse chaîne possible. On compte déjà plusieurs milliers de clics.»

Déjà, des extraits mettant en vedette Laurent Paquin, Roc Lafortune, Julie LeBreton, Marie-Chantal Perron, Tammy Verge et Louis-Jean Cormier, du groupe Karkwa, sont en ligne. «Idéalement, on aimerait avoir une cinquantaine ou une centaine de vidéos», a souligné Stéphane Bellavance.

L’artiste invite en outre les gens à partager les vidéos sur les réseaux sociaux et à en parler le plus possible.

http://fr.canoe.ca/divertissement/tele- ... 1-qmi.html" onclick="window.open(this.href);return false;
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xilef
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Message par xilef »

à lire...

http://blogues.cyberpresse.ca/laporte/2 ... -a-lecole/" onclick="window.open(this.href);return false;
Dr Dolittle
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Message par Dr Dolittle »

Je suis passée voir le FB de Jade. Plein de photos qui la montre s'amuser avec Marjorie...Des photos qui remontent même à 2009...

Réflexion : Et si Marjorie n'avait tout simplement pas supporté la perte d'amitié de Jade?
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xilef
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Message par xilef »

«Faites la paix entre vous», a dit Chantal Larose (mère de Marjorie) au cours d’un bref point de presse. «La jeune fille sur qui on s’acharne ces temps-ci, c’est contre le combat que je mène», a-t-elle précisé, faisant référence à l’adolescente montrée du doigt avec une extrême sévérité depuis quelques jours, notamment sur les médias sociaux, pour avoir intimidé Marjorie.

source:
http://fr.canoe.ca/infos/societe/archiv ... 41110.html" onclick="window.open(this.href);return false;
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xilef
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Message par xilef »

Publié le 03 décembre 2011

Suicide de Marjorie Raymond: Jade au coeur de la haine

â lire:


http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/act ... ticle_POS3" onclick="window.open(this.href);return false;
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Anya
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Message par Anya »

Chronique judiciaire de Benoit Tranchemontagne sur l'intimidation
Durée : 5:28
Date : 04/12/2011
http://www.985fm.ca/audioplayer.php?mp3=118434" onclick="window.open(this.href);return false;
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xilef
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Message par xilef »

Dernière modification par xilef le dim. déc. 04, 2011 1:55 pm, modifié 1 fois.
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jupiter-1
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Message par jupiter-1 »

Et si on changeait le mot "intimidation" par "violence", parce que dans les faits c,est vraiment de la violence verbale et
physique et en plus, je trouve que ca ressemble beaucoup au cycle de la violence conjugale. peut-être que de cette
façon, on trouverait plus vite une solution au problème. parce que le mot "intimidation" ne fait pas aussi grave que le
mot "violence". my two cents. :hello:
[img]http://i27.tinypic.com/egb8tu.jpg[/img]
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Nikki
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Message par Nikki »

jupiter-1 a écrit : Et si on changeait le mot "intimidation" par "violence", parce que dans les faits c,est vraiment de la violence verbale et
physique et en plus, je trouve que ca ressemble beaucoup au cycle de la violence conjugale. peut-être que de cette
façon, on trouverait plus vite une solution au problème. parce que le mot "intimidation" ne fait pas aussi grave que le
mot "violence". my two cents. :hello:
Pourtant, l'intimidation est une forme de violence.. le mot violence est juste le mot qui évoque toutes les formes de violence comme battre, intimider, faire peur etc...
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liz
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Message par liz »

jupiter-1 a écrit : Et si on changeait le mot "intimidation" par "violence", parce que dans les faits c,est vraiment de la violence verbale et
physique et en plus, je trouve que ca ressemble beaucoup au cycle de la violence conjugale. peut-être que de cette
façon, on trouverait plus vite une solution au problème. parce que le mot "intimidation" ne fait pas aussi grave que le
mot "violence
". my two cents. :hello:

Cé exactement ca ...

Et cé aussi pour cette raison que je souhaite que tous les acteurs de ces situations - tant les victimes que les agresseurs - soient rencontrés et le cas échéant, suivis ou référés par des intervenants .. Pas pour prendre en pitié les agresseurs au détriment des victimes, mais bien pour les sensibiliser et les conscientiser aux conséquences de leurs actions ... Parce que si les agresseurs ne sont "que" punis, qui sait ce qu'ils feront plus tard ... ?? Violence envers leur conjointe, leurs enfants, violeurs ... peut etre rien non plus, mais si on peut essayer de prévenir a la base, pk ne pas le faire ...

Oui en partant cé "la job des parents" d'éduquer leurs enfants, mais on sait aussi que cé loin d'etre tjrs le cas alors cé aux témoins d'agir ...

Et pour ca, faut que les directions scolaires prennent chaque plainte au sérieux et cessent de se mettre la tete dans le sable en minimisant la situation ...

Redouter l'ironie, c'est craindre la raison - Sacha Guitry
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jupiter-1
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Message par jupiter-1 »

je sais que l,intimidation est une forme de violence mais c,est comme si ca l,était moins de là la minimisation
des gestes commis par les agresseurs. c,est comme les mots "malentendant" et "sourd", à mon sens y en
a un qui fait comme moins pire que l,autre.
[img]http://i27.tinypic.com/egb8tu.jpg[/img]
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jaskab
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Message par jaskab »

Jadomo a écrit : [...]



Je ne travaille pas dans le milieu scolaire alors je suis un peu mal placée pour connaitre les mesures qui sont en place pour contrer l'intimidation. Depuis le début de la semaine, bien entendu cette histoire m'attriste au plus haut point, mais je me demande: kessé qu'il faut faire pour que ça arrête? C'est quoi LA bonne mesure à mettre en place? Est-ce qu'il y en a une? J'ai beau me creuser la tête et je ne trouve pas de solution miracle.
Il n'y a pas de solution miracle. C'est pour ça que c'est un problème complexe à gérer. Quand on travaille avec des humains, chaque cas est unique. C'est difficile de faire un plan d'action qui va convenir à toutes les situations.
[img]http://www.domainebleu.ca/images/sigdb.gif[/img]
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Anya
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Message par Anya »

Intimidation : vos enfants vous imitent
Le blogue de Valérie Borde
2 décembre 2011

L’émotion suscitée par le suicide de la jeune Marjorie Raymond a remis l’intimidation et la violence à l’école sur le devant de la scène.

Sur toutes les tribunes, des gens dénoncent ce phénomène et plusieurs demandent des sanctions plus sévères pour les intimidateurs… comme si l’intimidation était un fléau galopant contre lequel tous les moyens sont bons.

Mais y a-t-il vraiment plus d’intimidation et de violence dans les écoles qu’avant? Ou est-ce notre seuil de tolérance qui baisse et nos moyens d’investigation et de dénonciation qui augmentent?

Je n’ai trouvé aucune étude qui permette de dire si l’intimidation et la violence à l’école sont plus ou moins fréquentes qu’avant. Logique, car la plupart des études sur ce sujet sont très récentes (moins de 10 ans).

Les enquêtes sur l’étendue de l’intimidation, comme celle réalisée par l’Institut de la statistique du Québec en septembre dernier, n’ont pas été répétées à plusieurs années d’écart pour qu’on puisse dégager une tendance.

Actuellement, les recherches sur ce sujet portent surtout sur les ressorts de l’intimidation et la mise au point et l’évaluation de programmes d’intervention.

En 2009, le Groupe de recherche sur les environnements scolaires de l’université de Montréal a préparé un rapport sur la violence au secondaire, sur lequel s’appuie entre autres le plan d’action pour prévenir et traiter la violence à l’école du MELS. En voici un extrait:

Ce rapport confirme une évidence : il y a de la violence dans les écoles. Comment pourrait-il en être autrement, l’école étant un microcosme de sa société. Y en a-t-il beaucoup, trop? La réalité dépeinte doit-elle nous préoccuper ou nous inquiéter? Les réponses à ces questions sont nécessairement difficiles, car relatives à des normes qui sont d’abord morales, à l’image des valeurs d’une société ou de celles des individus.

À l’échelle de la société, le taux de crimes violents ne cesse de baisser. C’est moins évident pour les petits méfaits, comme le fait d’utiliser son téléphone cellulaire en conduisant même si l’on sait que c’est interdit parce que dangereux pour soi et pour les autres.

C’est probablement la même chose dans les écoles. Comme le montre cette excellente publicité contre la violence chez les jeunes… vos enfants vous imitent!

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=CWUtywfw ... r_embedded[/youtube]

Tout cela n’enlève rien à l’infinie tristesse du drame de Marjorie Raymond. En sa mémoire, nous devrions tous nous interroger sur notre propre comportement en société plutôt que de militer en faveur de peines sans cesse plus sévères quand on sait qu’elles ne servent à rien.

http://www2.lactualite.com/valerie-bord ... s-imitent/" onclick="window.open(this.href);return false;
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Anya
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Intimidation et tristesse
Patrick Dion
30 novembre 2011

Cette histoire est triste, immensément triste. Le suicide de Marjorie Raymond nous est rentré dedans comme un coup de poing en pleine face. Un autre coup de poing en pleine face. Après le suicide il y a quelques semaines de Jamie Hubley, ce garçon de 15 ans d'Ottawa, c'est au tour de cette jeune fille de 16 ans de Ste-Anne-des-Monts d'être passée à l'acte. Chaque annonce déclenche les mêmes indignations. Chaque fois est une première fois. La révolte, l'incompréhension, la haine, la vengeance, tous les sentiments y passent. Tous sauf l'acceptation. Je suis incapable de comprendre comment on peut en venir à vouloir s'enlever la vie, comment la moindre petite lueur d'espoir peut totalement disparaître. J'en ai moi-même subi de l'intimidation. Beaucoup. Physique et psychologique. J'en ai eu de la marde qui m'est tombée sur la tête. Mais jamais je n'ai eu envie de mettre fin à mes jours. Damn, cette vie est la seule qu'on a. Une chance unique dans le chaos universel. Elle est précieuse et fragile, comment peut-on tout détruire en un clignement d'oeil? J'ai été confronté au suicide à quelques reprises et à chaque fois j'aboutis au même mur. Je ne comprends pas.

Dans le cas de Marjorie et de Jamie, je pointais tout d'abord les parents des deux jeunes de n'avoir pas changé leur enfant d'école plus tôt. "Me semble que c'est le premier truc que j'aurais fait", que je blablatais. En badaud, il est toujours plus facile de se faire aller la gueule comme un con. Pour Marjorie, c'est pas évident j'imagine. Les écoles secondaires ne doivent pas pleuvoir dans ce coin de pays. Puis, en me la fermant, j'ai compris une chose: il est toujours tellement plus facile de juger du travail des autres parents quand on ne vit pas la même situation. C'est tellement facile d'essayer de chausser les bottes des autres quand on n'est pas plongé au coeur de la tourmente. On accuse les parents des ados, autant du côté de la victime que du côté des agresseurs, d'un côté pour ne pas avoir su comprendre toute la détresse dans le cri de leur fille et de l'autre pour n'avoir pu exercer de contrôle sur les agissements imbéciles de leurs enfants. Dans notre course sociale effrénée, dans cette saloperie de monde du paraître et du confort, nos enfants sont devenus des hamsters qui pédalent dans la roue que nous leur avons nous-mêmes bâtie. Ils nous parlent peu, ils nous parlent encore moins des vraies choses. Et quand ils le font, les écoutons-nous vraiment? On a facilement la tête ailleurs: la job, le char, l'hypothèque. Pas facile de s'asseoir quelques minutes pour se dire les vraies affaires. Avant de blâmer les parents des autres, pourquoi ne pas se poser des questions sur sa propre vie?

L'intimidation à l'école a toujours existé. On la voit plus qu'avant, on en parle plus qu'avant. Les médias y accordent une place dans leur bulletin de nouvelles, des artistes organisent des fondations pour la contrer. Et malgré tout, elle est toujours présente. Les kids sont encore aussi méchants. Pourquoi? La violence fait-elle partie de nous à ce point? La plus horrible preuve de tout ça, c'est que même les détracteurs de cette violence ont perdu le contrôle à l'endroit d'une des filles qui a intimidé Marjorie sur Facebook, jouant à leur tour le jeu du bourreau. Où est-ce que ça va s'arrêter? Quand est-ce que ça va s'arrêter? Que faut-il faire, surtout? Je voudrais tellement avoir une réponse. Pour moi. Pour cette société qui me fait si souvent mal. Pour mon fils à qui je ne saurais quoi dire le cas échéant.

Aujourd'hui, on pointe les réseaux sociaux. On dit que le problème vient de Facebook quand au fond, tout ce qu'il a fait a été de matérialiser cette violence. Facebook est aussi responsable de ça aujourd'hui qu'il y était pour quelque chose durant mon adolescence, quand on écrasait des mégots de cigarette brûlants dans la paume de mes mains. Le problème est plus profond, sournois. Et je ne sais pas d'où il vient.

J'ai peur que la violence et l'intimidation soient des sens uniques sans fin. Et ça me fait vraiment chier de ne pouvoir répondre rien d'autre à l'enfant que j'aime plus que tout au monde.

http://www.patrickdion.ca/" onclick="window.open(this.href);return false;
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*Marilou*
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Message par *Marilou* »

Anya a écrit : Intimidation et tristesse
Patrick Dion
30 novembre 2011

Cette histoire est triste, immensément triste. Le suicide de Marjorie Raymond nous est rentré dedans comme un coup de poing en pleine face. Un autre coup de poing en pleine face. Après le suicide il y a quelques semaines de Jamie Hubley, ce garçon de 15 ans d'Ottawa, c'est au tour de cette jeune fille de 16 ans de Ste-Anne-des-Monts d'être passée à l'acte. Chaque annonce déclenche les mêmes indignations. Chaque fois est une première fois. La révolte, l'incompréhension, la haine, la vengeance, tous les sentiments y passent. Tous sauf l'acceptation. Je suis incapable de comprendre comment on peut en venir à vouloir s'enlever la vie, comment la moindre petite lueur d'espoir peut totalement disparaître. J'en ai moi-même subi de l'intimidation. Beaucoup. Physique et psychologique. J'en ai eu de la marde qui m'est tombée sur la tête. Mais jamais je n'ai eu envie de mettre fin à mes jours. Damn, cette vie est la seule qu'on a. Une chance unique dans le chaos universel. Elle est précieuse et fragile, comment peut-on tout détruire en un clignement d'oeil? J'ai été confronté au suicide à quelques reprises et à chaque fois j'aboutis au même mur. Je ne comprends pas.

Dans le cas de Marjorie et de Jamie, je pointais tout d'abord les parents des deux jeunes de n'avoir pas changé leur enfant d'école plus tôt. "Me semble que c'est le premier truc que j'aurais fait", que je blablatais. En badaud, il est toujours plus facile de se faire aller la gueule comme un con. Pour Marjorie, c'est pas évident j'imagine. Les écoles secondaires ne doivent pas pleuvoir dans ce coin de pays. Puis, en me la fermant, j'ai compris une chose: il est toujours tellement plus facile de juger du travail des autres parents quand on ne vit pas la même situation. C'est tellement facile d'essayer de chausser les bottes des autres quand on n'est pas plongé au coeur de la tourmente. On accuse les parents des ados, autant du côté de la victime que du côté des agresseurs, d'un côté pour ne pas avoir su comprendre toute la détresse dans le cri de leur fille et de l'autre pour n'avoir pu exercer de contrôle sur les agissements imbéciles de leurs enfants. Dans notre course sociale effrénée, dans cette saloperie de monde du paraître et du confort, nos enfants sont devenus des hamsters qui pédalent dans la roue que nous leur avons nous-mêmes bâtie. Ils nous parlent peu, ils nous parlent encore moins des vraies choses. Et quand ils le font, les écoutons-nous vraiment? On a facilement la tête ailleurs: la job, le char, l'hypothèque. Pas facile de s'asseoir quelques minutes pour se dire les vraies affaires. Avant de blâmer les parents des autres, pourquoi ne pas se poser des questions sur sa propre vie?

L'intimidation à l'école a toujours existé. On la voit plus qu'avant, on en parle plus qu'avant. Les médias y accordent une place dans leur bulletin de nouvelles, des artistes organisent des fondations pour la contrer. Et malgré tout, elle est toujours présente. Les kids sont encore aussi méchants. Pourquoi? La violence fait-elle partie de nous à ce point? La plus horrible preuve de tout ça, c'est que même les détracteurs de cette violence ont perdu le contrôle à l'endroit d'une des filles qui a intimidé Marjorie sur Facebook, jouant à leur tour le jeu du bourreau. Où est-ce que ça va s'arrêter? Quand est-ce que ça va s'arrêter? Que faut-il faire, surtout? Je voudrais tellement avoir une réponse. Pour moi. Pour cette société qui me fait si souvent mal. Pour mon fils à qui je ne saurais quoi dire le cas échéant.

Aujourd'hui, on pointe les réseaux sociaux. On dit que le problème vient de Facebook quand au fond, tout ce qu'il a fait a été de matérialiser cette violence. Facebook est aussi responsable de ça aujourd'hui qu'il y était pour quelque chose durant mon adolescence, quand on écrasait des mégots de cigarette brûlants dans la paume de mes mains. Le problème est plus profond, sournois. Et je ne sais pas d'où il vient.

J'ai peur que la violence et l'intimidation soient des sens uniques sans fin. Et ça me fait vraiment chier de ne pouvoir répondre rien d'autre à l'enfant que j'aime plus que tout au monde.

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Ben, probablement que la personne qui a écrit ça a toujours eu du monde pour l'entourer mais quand t'en a pas c'est vrai que l'espoir s'en va bien vite, pas juste à cause de l'intimidation, mais en général
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Anya
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Message par Anya »

La décivilisation
5 décembre 2011
Pierre Foglia
La Presse

Des récriminations, des accusations, une cérémonie de lâcher de ballons - le cérémonial prend de plus en plus souvent la place de la réflexion -, des équipes d'intervention, des plans d'action, bref, quelques jours d'émoi et puis on n'en parlera plus jusqu'au prochain reject qui se suicidera comme Marjorie Raymond ou disparaîtra comme David Fortin, vous vous souvenez de David Fortin, ce jeune homme d'Alma souffre-douleur de son école, qui a disparu il y a deux ou trois ans?

Deux cas, précisons-le, où le rejet ne semble pas être le seul motif du drame. Marjorie s'était disputée avec la fille qui l'a agressée, une histoire «de filles», et surtout elle était une des élèves les plus populaires de l'école; David Fortin, c'est tout le contraire, le reject classique, mais il semble qu'il avait aussi des problèmes à la maison, bref, deux cas spéciaux.

Ai-je l'air de dire que le rejet, quand il ne s'aggrave pas d'autre chose, par exemple d'une peine d'amour, par exemple de la découverte de son homosexualité et de l'impossibilité d'en parler avec un proche, ai-je l'air de dire que le simple rejet, celui de la cour d'école, n'est pas si grave que ça?

Je vais un peu dire ce genre d'horreur, en effet. Cela vous changera des bons sentiments qui dégoulinent comme le sirop au printemps chaque fois que surgit de l'actualité un de ces drames qui donnent «à faire du sens», et pire: à faire de la pédagogie, cette maladie dégénérative dont souffre l'école d'aujourd'hui.

D'abord redire - je l'ai déjà évoqué - que le rejet est de toute éternité, de toutes les communautés, que c'est souvent sur le dos du rejet que se solidifie le groupe.

Autrement dit, le rejet est un apprentissage parmi d'autres, si vous acceptez cette statistique (plutôt optimiste) que, sur dix humains, six sont de parfaits imbéciles, où pensez-vous que le petit con apprend à en devenir un gros? Sinon à l'école en donnant libre cours à son instinct premier: l'instinct carnassier. Un, se mettre en meute. Deux, exclure de la meute les plus faibles. C'est là le tout premier apprentissage du loup.

Je vous entends d'ici brailler sur l'exclu. Pauvre petit! Yé tout petit pis y tapent dessus. Snif, snif. C'est pas de même que ça marche. C'est pas parce qu'il est petit, malade et peut-être un peu pédé qu'il est moins con que les autres. Imaginez qu'on prenne les rejects de toutes les écoles pour les mettre dans une école spéciale pour rejects, la première affaire que vous allez savoir, c'est que, dans cette école spéciale pour rejects, il va y avoir des... rejects. Des rejects de rejects, vous me suivez?

Autre statistique, celle-ci personnelle. Le rejet et l'intimidation étant des sujets récurrents, vous pensez bien qu'en 45 ans de journalisme, j'ai en rencontré pas mal, des parents de rejects - venez vite, monsieur le chroniqueur, ils vont le tuer. Surtout des mamans. Après une demi-heure avec chacune de ces mamans éplorées, il m'est venu chaque fois cette horrible pensée qu'on devenait probablement reject par hérédité.

Ma mère était la reject du quartier parce qu'elle était étrangère, qu'elle avait un accent, qu'elle était mal habillée, j'ai été moi-même un reject sauf que cela se vivait autrement, d'abord, il n'y avait pas la violence sournoise de vos réseaux soi-disant sociaux; et à l'école, la grande différence était l'autorité, une autorité qui nous gardait sur la pointe des pieds. Une autorité crainte, sinon respectée.

Aujourd'hui, dans les écoles, on parle énormément de respect. En ce temps-là, on n'en parlait pas, le respect venait avec l'air qu'on respirait. Je ne sais plus où j'ai lu que l'école d'aujourd'hui est l'école du respect (enseigné comme le français et avec autant de succès), alors qu'hier on avait le respect de l'école, le reste coulait de source.

S'en prendre à l'autorité était lourd de conséquences. Y'a pu d'autorité. Y'a pu de conséquences. Y'a pu d'enfants. À 5 ans et demi, ce sont des personnes. Ils ont le droit d'aimer et de haïr qui ils veulent. C'est pour ça que je ris comme un fou quand je vous entends dire à la radio ou quand je lis dans les journaux toutes les belles choses que vous allez faire pour que plus jamais de Marjorie, plus jamais de David Fortin.

Vous ne ferez rien du tout comme d'habitude.

Les directions d'école sont malades de leur refus de sanctionner (voyez la bataille autour des notes). Les profs? Eux-mêmes souvent victimes d'intimidation, ils ne tiennent pas plus que ça à se retrouver dans la ligne de mire de leurs élèves.

Les parents des harcelés? Je viens de vous le dire, sont souvent à l'origine du malaise.

Les parents des harceleurs? Quoi! Mon beubé, un monstre! C'est qui qu'a dit ça que j'y casse la gueule!

Je vous ai entendu toute la semaine chercher des coupables. Il y en a un auquel vous n'avez manifestement pas pensé: la décivilisation.

Extrait d'un message envoyé à la jeune fille qui s'est disputée avec Marjorie: Salope, j'te souhaite de perdre un membre de ta famille... si t'as un enfant un jour, j'te souhaite de l'perdre... t'as scrappé la vie de plein d'monde. Crève lentement petite chienne...

Le titre, décivilisation, est emprunté au philosophe français Alain Finkielkraut.

http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/ ... cueil_POS2" onclick="window.open(this.href);return false;
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lucide
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Message par lucide »

Anya a écrit : La décivilisation
5 décembre 2011
Pierre Foglia
La Presse

Des récriminations, des accusations, une cérémonie de lâcher de ballons - le cérémonial prend de plus en plus souvent la place de la réflexion -, des équipes d'intervention, des plans d'action, bref, quelques jours d'émoi et puis on n'en parlera plus jusqu'au prochain reject qui se suicidera comme Marjorie Raymond ou disparaîtra comme David Fortin, vous vous souvenez de David Fortin, ce jeune homme d'Alma souffre-douleur de son école, qui a disparu il y a deux ou trois ans?

Deux cas, précisons-le, où le rejet ne semble pas être le seul motif du drame. Marjorie s'était disputée avec la fille qui l'a agressée, une histoire «de filles», et surtout elle était une des élèves les plus populaires de l'école; David Fortin, c'est tout le contraire, le reject classique, mais il semble qu'il avait aussi des problèmes à la maison, bref, deux cas spéciaux.

Ai-je l'air de dire que le rejet, quand il ne s'aggrave pas d'autre chose, par exemple d'une peine d'amour, par exemple de la découverte de son homosexualité et de l'impossibilité d'en parler avec un proche, ai-je l'air de dire que le simple rejet, celui de la cour d'école, n'est pas si grave que ça?

Je vais un peu dire ce genre d'horreur, en effet. Cela vous changera des bons sentiments qui dégoulinent comme le sirop au printemps chaque fois que surgit de l'actualité un de ces drames qui donnent «à faire du sens», et pire: à faire de la pédagogie, cette maladie dégénérative dont souffre l'école d'aujourd'hui.D'abord redire - je l'ai déjà évoqué - que le rejet est de toute éternité, de toutes les communautés, que c'est souvent sur le dos du rejet que se solidifie le groupe.

Autrement dit, le rejet est un apprentissage parmi d'autres, si vous acceptez cette statistique (plutôt optimiste) que, sur dix humains, six sont de parfaits imbéciles, où pensez-vous que le petit con apprend à en devenir un gros? Sinon à l'école en donnant libre cours à son instinct premier: l'instinct carnassier. Un, se mettre en meute. Deux, exclure de la meute les plus faibles. C'est là le tout premier apprentissage du loup.

Je vous entends d'ici brailler sur l'exclu. Pauvre petit! Yé tout petit pis y tapent dessus. Snif, snif. C'est pas de même que ça marche. C'est pas parce qu'il est petit, malade et peut-être un peu pédé qu'il est moins con que les autres. Imaginez qu'on prenne les rejects de toutes les écoles pour les mettre dans une école spéciale pour rejects, la première affaire que vous allez savoir, c'est que, dans cette école spéciale pour rejects, il va y avoir des... rejects. Des rejects de rejects, vous me suivez?

Autre statistique, celle-ci personnelle. Le rejet et l'intimidation étant des sujets récurrents, vous pensez bien qu'en 45 ans de journalisme, j'ai en rencontré pas mal, des parents de rejects - venez vite, monsieur le chroniqueur, ils vont le tuer. Surtout des mamans. Après une demi-heure avec chacune de ces mamans éplorées, il m'est venu chaque fois cette horrible pensée qu'on devenait probablement reject par hérédité.

Ma mère était la reject du quartier parce qu'elle était étrangère, qu'elle avait un accent, qu'elle était mal habillée, j'ai été moi-même un reject sauf que cela se vivait autrement, d'abord, il n'y avait pas la violence sournoise de vos réseaux soi-disant sociaux; et à l'école, la grande différence était l'autorité, une autorité qui nous gardait sur la pointe des pieds. Une autorité crainte, sinon respectée.

Aujourd'hui, dans les écoles, on parle énormément de respect. En ce temps-là, on n'en parlait pas, le respect venait avec l'air qu'on respirait. Je ne sais plus où j'ai lu que l'école d'aujourd'hui est l'école du respect (enseigné comme le français et avec autant de succès), alors qu'hier on avait le respect de l'école, le reste coulait de source.

S'en prendre à l'autorité était lourd de conséquences. Y'a pu d'autorité. Y'a pu de conséquences. Y'a pu d'enfants. À 5 ans et demi, ce sont des personnes. Ils ont le droit d'aimer et de haïr qui ils veulent. C'est pour ça que je ris comme un fou quand je vous entends dire à la radio ou quand je lis dans les journaux toutes les belles choses que vous allez faire pour que plus jamais de Marjorie, plus jamais de David Fortin.

Vous ne ferez rien du tout comme d'habitude.

Les directions d'école sont malades de leur refus de sanctionner (voyez la bataille autour des notes). Les profs? Eux-mêmes souvent victimes d'intimidation, ils ne tiennent pas plus que ça à se retrouver dans la ligne de mire de leurs élèves.

Les parents des harcelés? Je viens de vous le dire, sont souvent à l'origine du malaise.

Les parents des harceleurs? Quoi! Mon beubé, un monstre! C'est qui qu'a dit ça que j'y casse la gueule!

Je vous ai entendu toute la semaine chercher des coupables. Il y en a un auquel vous n'avez manifestement pas pensé: la décivilisation.

Extrait d'un message envoyé à la jeune fille qui s'est disputée avec Marjorie: Salope, j'te souhaite de perdre un membre de ta famille... si t'as un enfant un jour, j'te souhaite de l'perdre... t'as scrappé la vie de plein d'monde. Crève lentement petite chienne...

Le titre, décivilisation, est emprunté au philosophe français Alain Finkielkraut.

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Je partage une bonne partie de sa réflexion....
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Beppo
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Message par Beppo »

Publié le 05 décembre 2011 à 05h00 | Mis à jour à 05h00

Et les parents?

Marie-Claude Lortie
La Presse

Le drame qui est survenu en Gaspésie cette semaine n'est peut-être pas aussi noir et blanc qu'on l'a d'abord cru, mais certaines choses restent claires. Il y a eu des propos tragiquement blessants et déplacés de vive voix et sur l'internet. Il y a eu querelles et bousculades. Et il y a eu un suicide.

Une jeune femme est morte et des adolescents ont appris cette semaine des leçons sur les versants sombres de la vie qu'ils n'auraient jamais dû avoir à encaisser aussi jeunes.

Aurait-on dû mieux les protéger, les encadrer? Ceux qui flanchent, évidemment, et qui disent adieu à la vie. Mais aussi les autres.

Aide-t-on assez nos enfants à ne pas devenir des harceleurs? À voir leurs camarades en détresse? À ne pas écrire des horreurs sur l'internet?

Lorsqu'on constate que les supposés «intimidateurs» du drame gaspésien deviennent à leur tour victimes de la haine sur le web, on est obligé d'arrêter de se demander qui est du bon ou du mauvais côté de la tragédie pour se poser des questions bien plus fondamentales. De toute évidence, il y a des messages de tolérance, de générosité, d'altruisme, qui ne passent pas.

Ou qui ne sont jamais communiqués aux jeunes.

Où sommes-nous, les parents?

Sommes-nous au courant de ce que fait notre progéniture lorsqu'on a le dos tourné? Encadrons-nous suffisamment nos petits? Savons-nous aller chercher de l'aide?

Peut-on aller jusqu'à dire que, derrière chaque intimidateur, il y a un parent qui ne fait pas son travail? Ou y a-t-il derrière chaque bourreau un parent tout aussi désemparé que celui de la victime, qui a perdu le contrôle sur son ado et ne sait plus où chercher une solution?

L'abondante littérature universitaire sur la question du bullying nous dit que les parents complices, soit tout à fait conscients des méfaits en cours, soit tout simplement endormis au volant, ils existent bel et bien.

Les articles publiés sur la question par des équipes de chercheurs en psychologie, notamment, montrent que les parents des bullies peuvent, dans certains cas, être très permissifs. Sans références, sans balises, sans suivi, l'apprentissage sain des relations interpersonnelles est difficile. Dans ces environnements, frères et soeurs, laissés à eux-mêmes, peuvent en outre développer des modes d'interaction liés au bullying qui seront reproduits à l'extérieur. Le double statut bully-victime n'est pas rare.

Mais la famille de l'intimidateur peut aussi être une famille ultrasévère, où des parents très autoritaires transmettent aux petits un modèle de relations interpersonnelles basé lui-même sur l'intimidation. On imagine alors une famille qui valorise l'agressivité et où on ne félicite jamais les comportements empreints de générosité et d'altruisme.

Souvent, la famille de l'intimidateur est froide émotionnellement et détachée de sa communauté et des mécanismes de socialisation venant des proches. On note aussi que les familles où il y a des conflits entre les parents sont des terreaux plus fertiles pour les intimidateurs.

Le bullying est aussi une façon d'agir qui se transmet de génération en génération, croit James Holmes, psychologue émérite et l'un des nombreux professeurs universitaires américains à s'être penchés sur la question de l'intimidation. «L'intimidation, a-t-il écrit, est associée aux familles où les gens ne se traitent pas avec respect et où on n'apprend pas aux enfants à respecter les droits des autres.»

Bref, on peut blâmer les adolescents intimidateurs autant qu'on le voudra. Et il est crucial que les jeunes, à 14, 15 ans ou 16 ans, prennent leurs responsabilités sérieusement. Il n'est pas question de les délester de ce fardeau qu'ils devront porter toute leur vie, surtout si leurs victimes, comme ce fut le cas en Gaspésie, vont jusqu'à s'enlever la vie.

Mais nous, les parents, avons une famille à bien gérer, des tâches à accomplir, un rôle à assumer.

Et lorsqu'on lit les horreurs écrites sur l'internet au sujet de ce drame, tant avant qu'après, on ne peut que se demander: où sommes-nous?

***

Nous avons la responsabilité, comme adultes, d'intervenir lorsque nous sommes témoins d'intimidation. Et pas juste si notre enfant en est victime. Si on constate que notre enfant dérape et harcèle, là aussi, il faut clairement intervenir, agir pour arrêter le crime et, muni d'un solide miroir pour se regarder soi-même, chercher à comprendre ce qui a bien pu le mener là.

Si notre enfant n'est ni victime ni bourreau, mais que l'on voit les intimidateurs agir au loin, où doit-on tracer la ligne entre le «je ne me mêle pas de ce qui ne me regarde pas» et le «cela fait partie de mes responsabilités citoyennes et humaines d'agir» ? La question est difficile, mais doit néanmoins être posée haut et fort.

Malgré leur âge et tous les droits et responsabilités que leur accorde déjà la société, ces mini-adultes que nous appelons les ados ont encore besoin de se faire éduquer sur la vie en société. Nous devrions tous avoir le courage de nous mêler de ces tristes affaires, quitte à avoir l'air de la mère ou du père le moins cool de toute l'école.

Ce n'est pas toujours facile, mais essentiel.

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Au plaisir!


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Message par Dr Dolittle »

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Par François Fouquet


Lundi, 5 décembre 2011
Facebook et le suicide - 5 décembre 2011


Une jeune fille se suicide.

Elle est victime d'intimidation à l'école.

Soudainement, le Québec s'embrase et la fumée secondaire recouvre même le Canada...

Plus tôt, en octobre, un événement s'est produit dans la vie de Marjorie. Elle s'est bagarrée avec une amie. Une amie qui me l'était plus, en fait. Jade. La toile de fond de la bataille? Un garçon dont les deux jeunes filles sont amoureuses. Lors du combat, la tête de Marjorie est frappée contre les casiers. Des gens interviennent et des suspensions surviennent. Une journée pour Marjorie, cinq jours pour Jade. Après ce combat, Marjorie a sombré lentement dans le désespoir. Jusqu'à la pendaison.

L'équation est simple aux yeux de milliers de citoyens : comme Marjorie a mis fin à ses jours après la bagarre, eh, bien, Jade est responsable de la mort. Du suicide.

Il y a quelques années, pareil événement aurait alimenté les lignes ouvertes. Les échanges auraient été acerbes. Pour la majorité des citoyens, la chose aurait été débattue au bureau, le matin, en prenant un café. Ou à la pause. Mais dans un réseau social restreint.

Maintenant, les échanges se font sur Facebook et autres réseaux sociaux. Et le côté sombre de Facebook devient alors très clair. Bien que le réseau vous fasse croire que vous communiquez avec des amis et que l'environnement est propice aux confidences, il fait parfois en sorte que la planète a accès à vous en moins de temps qu'il n'en faut pour envoyer un texto... C'est comme si vos échanges entre collègues, le matin, étaient tenus devant des milliers de personnes et que tout le monde pouvait entendre tout le monde et pouvait aussi s'adresser à tout le monde. Mais il y a pire. Il semble que le fait d'écrire sur Facebook déresponsabilise complètement la personne qui écrit.

Cette semaine, Jade a été inondée de plus de 500 messages haineux sur sa page Facebook. Des messages de partout au Québec et au Canada... Elle était devenue une tueuse, elle devait mourir, souffrir, payer pour ses actes... Des messages incendiaires émis par des gens qui savent qu'ils ne risquent rien, qui n'ont pas à assumer leurs actes. Des gestes de lâches, donc. Des paroles irresponsables.

Votre réseau d'amis Facebook cache des vices qu'il faut comprendre. Les gens qui s'en servent devraient aussi mesurer leurs propos, mais ça...

Quand on creuse l'histoire de Marjorie, on s'aperçoit qu'elle a vécu des épisodes d'intimidation depuis des années. C'est là-dessus qu'il faut travailler. Tout ce que les amis Facebook ont réussi à faire, cette semaine, c'est d'intimider à leur tour. C'est comme tenter d'éteindre un feu en y jetant de l'essence.

J'ai la profonde conviction qu'on ne se suicide pas pour une bagarre près d'un casier. À la limite, cet épisode est une goutte qui s'est ajoutée dans un vase qui était déjà plein. Le vase a débordé à ce moment, mais il aurait probablement débordé tôt ou tard.

Tout ce qui entoure ce suicide, y compris les réactions après l'événement devrait nous servir de miroir social: on est bons pour gueuler haut et fort, pour accuser à qui mieux mieux, pour traiter autrui de tous les noms. Mais on est moins bons quand vient le temps d'agir. De s'impliquer. On retourne alors rapidement dans notre bulle protégée par nos droits et libertés individuelles. Et on se dit « qu'au moins, moi, je lui ai dit à la p'tite... »

Je mets au défi n'importe lequel des individus qui a vomi des propos haineux sur la page Facebook de Jade de venir lui dire en face, avec la même véhémence que dans leurs propos virtuels. Ils verraient qu'un filtre s'installe toujours quand on s'adresse directement à une autre personne. Une petite gêne qui fait que la communication devient positive.

C'est de ce filtre dont je m'ennuie quand je vois des aberrations sur les réseaux sociaux électroniques ou que j'entends les animateurs de radiopoubelle, ces gueulards qui sont éternellement outrés. Et tous les possesseurs de vérité qui bloguent sur le web, bref, ceux qui se pensent tellement bons d'ainsi répandre leur venin en passant une bonne partie de leur vie à gueuler pour gueuler.

Le drame de Marjorie ne se résume sûrement pas à un incident. Il est probablement la conséquence fatale d'une série de frustrations, d'échecs et d'incompréhensions. Qui suis-je pour en juger? Ou pour condamner Jade?

Le suicide n'est pas une solution. La preuve? Nous avons perdu une vie, cette semaine. Et nos problèmes de fond restent entiers...

Clin d'œil de la semaine

Mon père répétait : on ne doit pas juger quelqu'un sans avoir marché un mille dans ses souliers.
Dernière modification par Dr Dolittle le lun. déc. 05, 2011 11:25 am, modifié 1 fois.
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Krysantheme
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Re: L'intimidation pousse une adolescente au suicide!

Message par Krysantheme »

Avez-vous vu ca le garcon de TR qui s'est fait tabasser devant chez eux ? J'trouve pas l'article malheureusement.
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