Ruptures 4 : quand le fil d’Ariane casse
Hugo Dumas
Coucou, les membres de l’Académie du cinéma et de la télévision ! Bon an, mal an, vous attribuez 130 prix Gémeaux dans autant de catégories et vous n’arrivez toujours pas à en décerner un seul à Ruptures, une des séries dramatiques les plus palpitantes du petit écran québécois ? Faites vos devoirs, ça presse.
C’est quasiment un cas de poursuite pour faute professionnelle. Car dans la quatrième saison de Ruptures, qui décolle lundi à 21 h sur les ondes de Radio-Canada, les actrices principales se révèlent encore au sommet de leur forme. Je pense au deuxième épisode, où les avocates pugnaces Ariane Beaumont (Mélissa Désormeaux-Poulin) et Marie Rousseau (Catherine Trudeau) croisent le fer dans une joute remplie de colère et de hargne. C’est épique.
Cette série, écrite par Isabelle Pelletier, Daniel Thibault et François Camirand, nous garde constamment en état d’alerte. C’est particulièrement anxiogène et étouffant dans le premier épisode, qui reprend quelques secondes après la finale relayée au printemps dernier.
La guerrière Ariane tente toujours de calmer le père en détresse (brillant David Savard), qui a découvert qu’il n’est pas le père biologique de son dernier garçon. Briquet à la main, le papa menace de s’immoler devant les yeux de son bambin, qu’il a drogué et imbibé d’essence.
Cette prise d’otages occupe pratiquement toute l’heure. Le téléphone sonne sans arrêt dans la maison encerclée par la police et ça se crie par la tête. Avec sa caméra nerveuse, le réalisateur Rafaël Ouellet frôle la limite du tolérable.
C’est difficile à regarder, mais nécessaire pour comprendre ce qu’il adviendra d’Ariane par la suite. Comme sa collègue Claude (Isabel Richer) en désintox, Ariane touche le fond cette année. Sa santé la lâche. Ses nerfs aussi. Elle s’appuiera beaucoup sur son collègue et associé Marc Dalpé, un nouveau personnage campé par Vincent Leclerc, Séraphin pour les intimes.
Bien sûr, dans le camp opposé, le visqueux Jean-Luc De Vries (Normand D’Amour) n’a pas craché sa dernière insulte. Il réintègre son cabinet après avoir été blanchi des accusations d’agressions sexuelles portées contre lui. Et Jean-Luc compte bien se venger de Claude, qui a brillamment orchestré sa chute, ne l’oublions pas.
Les auteurs promettent de régler cette saison la mort mystérieuse du père d’Ariane, qui traîne depuis trop longtemps. Même chose pour ce qui entoure la fin de vie de la femme d’Antoine (Guillaume Lemay-Thivierge) : le dénouement approche.
Étienne Dalphond (Vincent-Guillaume Otis), l’ex-ami de cœur d’Ariane, reviendra plus tard dans la saison, notamment pour épauler Ariane. Et j’étais bien content de renouer avec le détective Grimard (Serge Postigo), un personnage bourru, mais attachant. Avis aux intéressés : le chignon de Gabrielle (Dominique Laniel) n’a pas pris sa retraite !
Au fil des 12 prochains épisodes, vous verrez les acteurs Gabriel Sabourin et Émilie Bibeau dans un cas impliquant un enfant transgenre. Salomé Corbo et Guy Nadon se joindront aussi à la distribution le temps de quelques épisodes.
Le combat risque d’être épique les lundis à 21 h. Dans le coin droit, des avocates stylées qui jettent les gants. Dans le coin gauche, les cyberintimidateurs du thriller Le jeu à TVA, qui vomissent sur leurs victimes, bien cachés derrière leur clavier. Dieu merci, il existe des enregistreurs numériques.
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