La comédienne Marie-Josée Longchamps : à 78 ans, toujours aussi passionnée par son métier
Forte d’une carrière aussi riche que diversifiée, Marie-Josée Longchamps reste avant tout associée à Janine Jarry, personnage emblématique du téléroman Rue des Pignons, qui a marqué toute une génération de téléspectateurs. Toujours aussi passionnée par son métier à 78 ans, la comédienne fait partie de la distribution de la pièce Cougar qui peut !
Un talent précoce
Marie-Josée Longchamps a fait ses premiers pas dans les médias à l’âge de six ans. « Puisque j’étais de nature excentrique, ma mère a rapidement décelé mon côté artistique. Elle était commerçante, elle n’avait aucun contact dans le domaine artistique et pourtant, elle m’encourageait dans mon désir de jouer, de chanter, de danser. Je devais avoir à peu près six ans lorsque j’ai participé à une première émission de radio et j’ai immédiatement eu la piqûre. De façon à mettre toutes les chances de mon côté, ma mère m’avait inscrite à des cours de diction. À l’adolescence, je fréquentais le Collège Sainte-Marie, situé juste à côté du théâtre Gesù. Comme je participais à des pièces de théâtre à mon école, mon nom circulait dans le milieu artistique, comme quoi « la p’tite » Longchamps avait du talent ! À l’âge de 14 ans, on m’a offert le rôle-titre d’Anne Frank, dans une pièce de théâtre présentée au Gesù. À l’époque, je n’avais pas de plan de carrière, je ne souhaitais pas devenir une vedette. Tout ce que je voulais, c’était jouer, appliquer les conseils du metteur en scène et m’améliorer. Parallèlement à mes contrats, je poursuivais mes cours avec des professeurs du Conservatoire d’art dramatique de Montréal » explique celle qui a rapidement été repérée pour jouer à la télévision.
Une star est née
Dans les années 60, Radio-Canada organisait des auditions afin que les réalisateurs découvrent de nouveaux talents. « J’ai décroché un premier rôle dans le téléroman De 9 à 5 écrit par Marcel Dubé, alors que j’étais âgée de 15 ans. On m’a aussi confié l’animation de l’émission pour enfants Le club des Jnobs. À partir de là, tout s’est rapidement enchaîné pour moi. J’ai décroché plusieurs rôles sur la scène et au petit écran, mais c’est vraiment le personnage de Janine Jarry dans Rue des Pignons qui a marqué l’imaginaire québécois, une émission qui a été diffusée durant sept ans. Je me suis glissée dans la peau de Janine à l’âge de 18 ans, alors les téléspectateurs m’ont carrément vue devenir une jeune femme sous leurs yeux. Avec le recul, je comprends pourquoi ce personnage était autant apprécié : les jeunes se reconnaissaient à travers les questionnements et la vie amoureuse de Janine ». Par la suite, Marie-Josée a enchaîné différents rôles dans les plus grands téléromans québécois : Le clan Beaulieu, Les Berger, Belle Rive, L’or du temps, Virginie, Les Bougon et Bob Gratton : ma vie, my life. « Au-delà des rôles, ce que je retiens de chaque expérience, ce sont les merveilleux humains avec qui j’ai travaillé. Et ça a commencé fort : dans la série jeunesse Rue de l’Anse, je donnais la réplique à Jean Duceppe, mon premier papa télévisuel. J’ai été très gâtée au niveau de mes collègues de jeu ».
Vieillir à l’écran
Au fil des ans, Marie-Josée Longchamps n’a pas attendu que le téléphone sonne pour décrocher des rôles. Elle a commencé à initier lancer ses propres projets, notamment au niveau de l’écriture. C’est elle qui signe l’adaptation québécoise de la pièce Cougar qui peut !. « Ce n’est un secret pour personne : plus on avance en âge, plus les rôles se font rares. Et ce phénomène touche surtout les femmes. Voilà pourquoi j’ai été charmée par le propos de la pièce Cougar qui peut !. À 78 ans, j’ai le droit d’exister, d’exercer mon métier, de décrocher de beaux rôles. Au départ, je devais incarner le personnage de Brigitte (incarné par Carmen Sylvestre), une femme qui refuse de vieillir. Puis, le metteur en scène m’a proposé un contre-emploi, celui de Rose, une artiste peintre qui n’est pas du tout dans la séduction. Comme on m’a souvent confié des rôles d’ingénue, de séductrice, de femme fatale, j’aimais bien l’idée d’incarner ce personnage aux antipodes des rôles que j’ai interprétés. D’ailleurs, je souhaite que la pièce Cougar qui peut ! donne peut-être envie à des producteurs de me voir dans des rôles de composition. Je fais de l’entraînement physique, je ne bois jamais, je porte une attention particulière à mon alimentation. J’ai de l’expérience, une énergie débordante, alors j’aimerais mettre tout ça au service d’un prochain rôle à la télévision. Indéfendable ? Antigang ? STAT ? On lance ça dans l’univers, d’accord ? », conclut Marie-Josée, toujours aussi passionnée par son métier.